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IA et cybersécurité : l'administration Trump fait volte-face et envisage de contrôler les modèles avant leur sortie
information fournie par Boursorama avec Media Services 05/05/2026 à 09:34

Chantre de la dérégulation au moment du retour de Donald Trump aux commandes, la Maison Blanche revoit sa copie face aux prouesses des nouvelles modèles d'intelligence artificielle, et les dangers potentiels qu'ils représentent pour la sécurité informatique mondiale.

Donald Trump et son administration utilisent régulièrement des créations d'IA (illustration) pour communiquer sur leurs réseaux sociaux ( AFP / MANDEL NGAN )

Donald Trump et son administration utilisent régulièrement des créations d'IA (illustration) pour communiquer sur leurs réseaux sociaux ( AFP / MANDEL NGAN )

Pourtant réputée hostile à toute régulation de l'IA, l'administration Trump étudie la possibilité d'imposer un contrôle gouvernemental des modèles d'intelligence artificielle avant leur mise sur le marché, compte tenu des risques en termes de cybersécurité, a rapporté lundi le New York Times .

La Maison Blanche élabore un décret présidentiel qui créerait un groupe de travail réunissant responsables gouvernementaux et dirigeants de la tech, chargé d'établir des procédures d'évaluation pour les nouveaux modèles d'IA, indique le quotidien américain, citant des sources au sein de l'administration. Un porte-parole de la Maison Blanche cité par le New York Times a toutefois tempéré, qualifiant d'"hypothétiques" les discussions autour d'un tel décret.

De hauts responsables de l'administration auraient exposé ces projets la semaine dernière à des représentants d'Anthropic, Google et OpenAI. Ceux-ci constitueraient un revirement spectaculaire du président Donald Trump qui avait fait de la déréglementation son étendard en matière de technologie.

Les prouesses de Mythos interrogent

Dès son retour à la Maison Blanche, il avait abrogé les exigences de tests de sécurité imposées en 2023 par l'administration Biden, invoquant la nécessité de ne pas brider l'innovation en pleine compétition technologique avec la Chine. Mais les inquiétudes sociétales croissantes envers l'IA, touchant l'emploi, l'énergie, l'éducation ou la santé mentale, semblent avoir renversé la tendance.

Le déclencheur immédiat fut l'émergence de Mythos, le puissant modèle d'IA d'Anthropic. L'entreprise a affirmé que ce modèle était trop efficace dans la détection des failles informatiques pour être rendu public sans danger.

Anthropic a affirmé le 7 avril que Mythos était capable de détecter des failles informatiques inédites à une vitesse et une échelle sans précédent. Et qu'elle avait confié à un consortium d'entreprises de la tech, dont Google, Nvidia, Apple, Microsoft et Palo Alto Networks, la tâche de tester le modèle et de combler les failles avant d'envisager sa publication. Mythos a ainsi "trouvé une faille qui dormait depuis 27 ans" dans un système informatique fondamentale (BSD), socle d'objets grand public comme l'iPhone ou la Playstation, a raconté Adam Meyers, vice-président de CrowdStrike, également membre de Glasswing. "De nombreux experts avaient scruté ce code pendant des décennies sans la trouver. C'est un signal d'alarme pour toute l'industrie", a-t-il commenté. "Les hôpitaux sont probablement parmi les organisations les moins équipées pour faire face au déluge qui arrive. Ce sont les patients, les voyageurs cloués au sol, les automobilistes en manque de carburant qui vont souffrir", avait abondé pour sa part Kara Sprague, PDG de HackerOne, spécialiste de la détection de failles informatiques.

Contentieux entre Anthropic et Maison Blanche

L'administration Trump, qui se prépare à l'échéance des élections de mi-mandat cet automne, cherche à éviter le contre-coup politique d'une cyberattaque majeure facilitée par l'IA, tout en évaluant l'intérêt militaire de ces modèles pour le Pentagone et les agences de renseignement. David Sacks, figure emblématique de la Silicon Valley et ancien Monsieur IA de la Maison Blanche, farouche défenseur de la déréglementation, a quitté ses fonctions en mars. La cheffe de cabinet Susie Wiles et le ministre des Finances Scott Bessent ont pris le relais, indiquant à leur entourage qu'ils entendaient s'impliquer plus activement dans la définition de la politique américaine en matière d'IA, selon le New York Times. Ce débat intervient alors que l'administration traverse une période de turbulences sur le dossier IA, compliquée par un contentieux juridique entre Anthropic et le Pentagone portant sur un contrat de 200 millions de dollars.

1 commentaire

  • 09:45

    l on reecrie la bible?


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